Musicbox // Mars-Avril 2012

Exceptionnellement, la Musicbox a sauté un mois et nous vous proposons donc aujourd’hui une double ration de chroniques musicales. Entre le nouvel Actress, le premier album « officiel » de Death Grips, le très attendu retour du Klub des Loosers, la compil Odd Future ou encore l’essai à moitié transformé de Julia Holter, les mois d’avril et mars ont été riches en sorties: dans les casques ou hors des enceintes, le son du printemps s’invite sur Pocket Welt.

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ALBUMS

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Actress .

R.I.P [Honest Jon's]

Indéniablement l’un des acteurs les plus euphorisant de la scène électronique actuelle, le londonien Darren Cunningham rempile chez Honest Jon’s avec un album encore moins définissable que le précédent, d’une richesse et d’une intelligence admirable. Entre les morceaux aux accents house, glitch, techno, ambient et néo-classiques, des fossés se creusent sur le papier que Cunningham s’empresse de redessiner en paysages lunaires tout en semblant s’amuser de la facilité avec laquelle il fait s’opérer la magie. Ricochant avec une cohérence étonnante entre de délicates parenthèses (Jardin ou le très Eno-esque N.E.W.) et d’autres pistes plus orientées dancefloor (The Lord’s Graffiti, Shadow from Tartarus), R.I.P est un album entièrement maîtrisé qui égale, voire surpasse, toutes les attentes placées en Cunningham après l’excellent Splazsh – un grand cru qui s’écoute et de réécoute jusqu’à l’overdose.


Klub Des Loosers .

La Fin de l’Espèce [Les Disques du Manoir]

8 ans plus tard. L’histoire continue, pile ou nous l’avions laissé. La corde a résisté mais la branche s’est brisée. Le suicide a raté, Fuzati se retrouve le cul par terre, toujours plus en proie à la gravité, collé à la réalité. L’insouciante adolescence est périmée, bienvenue dans l’âge adulte, Anne-Charlotte et toutes les autres ne sont plus qu’un lointain souvenir. L’humour dépressif laisse la place à un cynisme pur et dur. Au milieu du marasme seule la plume de Fuzati reste brillante. Son flow, qui a toujours été sujet à débat, est ici encore plus amorphe que d’habitude. Assurément perturbant mais au combien lié à l’ambiance générale du disque. Un No-Futur résigné, porté par les précieux beats de son compère Detect, très monolithiques mais magnifiquement assemblés de A à Z. On regrettera d’ailleurs qu’un peu plus de temps ne lui ait pas été accordé pour laisser trainer ses instrus ou placer quelques un des scratchs dont il a le secret. Mais c’est un reproche bien faible par rapport à notre enthousiasme général. Et même si le moral du duo semble être six pieds sous terre, ils volent encore une fois bien au dessus du reste de la scène hip-hop française.

Death Grips .

The Money Store [Epic]

« Gaga can’t handle this shit! » beugle MC Ride sur Hacker, tube rap-dance jubilatoire digne d’un LCD Soundsystem en plein accès psychotique, et qui clos The Money Store de bien belle manière. Soyons rassurés, Lady Gaga n’a pas de soucis à se faire quant à l’éventualité que les excités de Death Grips empiètent sur son terrain de pop formatée: on retrouve ici toute l’énergie crasse qui avait fait le charme de l’officieux Exmilitary, quelques guitares en moins. En effet, la production de The Money Store sonne nettement plus électronique que sur son prédécesseur, sans que l’on ait l’impression que le trio ait fait quelque concession que ce soit pour atténuer son ardence; l’album sortant chez une major on était en droit de s’en inquiéter, mais les doutes se sont évaporés à la découverte de la pochette. Il demeure qu’en dépit de ce nouveau son, certains morceaux suggèrent d’avantage « Death Grips sur auto-pilote » que l’agitation musicale que le groupe est censé incarner, et ce d’autant plus qu’ils sont en compétition directe avec le génialissime Hacker. On reste néanmoins très curieux de l’évolution de ce projet singulier, qui devrait nous garnir d’un nouvel album dans les mois à venir que l’on espère un peu plus fou.

Nicholas Szczepanik .

We Make Life Sad [Weme]

Contrairement à ce que peuvent laisser entendre son titre et sa pochette crève-cœur, We Make Life Sad est loin d’être triste; exception faite des sombres Over Your Dead Body et Consciousness, le disque rayonne bien plus qu’il ne plombe. Usant de boucles et samples vocaux noyés sous des nappes de crépitements analogues, Nicholas Szczepanik a pris le contre-pied de son précédant opus (Please Stop Loving Me, long morceau de 50 minutes) en parsemant We Make Life Sad de petits morceaux insulaires, certains coupés abruptement, qui ne sont pas sans rappeler le travail de Leyland Kirby sous le nom de The Caretaker – un soupçon moins sinistre. Paru en vinyle chez les belges de Weme Records, We Make Life Sad est un album sensible et poétique que l’on aimerait voir se prolonger au delà de ses 38 courtes minutes, mais telle est la loi des microsillons.

Julia Holter .

Ekstasis [RVNG]

Nouveau baromètre de crédibilité hipster, Julia Holter semble avoir gagné autant de détracteur que d’admirateurs depuis la sortie du très attendu Ekstatis, et ce malgré un premier album (Tragedy, paru chez Leaving Records) encensé de part est d’autre de la toile. L’effet Pitchfork? Toujours est-il que Ekstasis manque cruellement de l’aura énigmatique qui faisait en grande partie le charme de Tragedy, puisqu’il voit Julia Holter se concentrer d’avantage sur ses compositions vocales que les abstractions sonores dont elle a déjà fait preuve, allant jusqu’à reprendre deux fois le morceau Goddess Eyes précédemment introduit sur Tragedy. La prise de risque est minime, mais Holter accompagne ses comptines pour adultes d’une juste dose d’excentricité qui rend l’écoute de cet album irrésistiblement plaisante. Il y a cependant un fossé entre « plaisant » et « remarquable » que la musicienne n’a pas réussi à franchir cette fois-ci, même si son empreinte sonore si personnelle nous laisse imaginer un avenir musical prometteur.

Dean Blunt & Inga Copeland .

Black is Beautiful [Hyperdub]

Si la collaboration de Dean Blunt & Inga Copeland – plus connus sous leur nom de scène Hype Williams - suscite autant d’intérêt et de curiosité, c’est en partie en relation avec la mythologie qu’ils ont su créer, aussi absurde qu’elle soit. Mais que devient Hype Williams sans les faux-semblants? Abandonnant leur pseudonyme d’empreint chez Hyperdub, le duo signe ici un album de bass music tout aussi brouillon que les précédents mais un peu moins opaque; il paraît même que l’on y trouve de vraies chansons au milieu des divagations lo-fi enfumées. Ce sont d’ailleurs ces morceaux chantés par Inga Copeland qui constituent les moments forts de Black is Beautiful, car si les anglais savent concocter des expérimentations hybrides captivantes, beaucoup d’entre elles paraissent errer sans but à la recherche d’un morceau sur lequel se greffer. Une écoute infiniment frustrante, donc, mais qui vaut la peine si ce n’est pour les quelques accès de brillance que Dean Blunt et Inga Copland veulent bien laisser poindre.

NHK’Koyxeи .

Dance Classics Vol. 1 [PAN]

Kouhei Matsunaga est un artiste de musique électronique japonais actif depuis le début des années 90. Ces 20 années ont vu s’accumuler sur son CV des collaborations avec des artistes de renom tel que Merzbow, Autechre, Anti Pop Consortium, Asmus Tietchens… Mais la seule que nous connaissons vraiment est celle qui nous l’a fait découvrir: ses nombreuses collaborations avec le rappeur Sensational comme sur l’album Sensational Meets Koyxen, bourré de sons bien lo-fi. Une tendance au glitch et au noise qu’il laisse de côté pour sa nouvelle sortie chez un des labels les plus explosif du moment, le bien nommé PAN. Globuleuses et énergiques, les 11 pistes qui parsèment l’album donnent à chaque instant l’envie de se lever pour se déhancher comme un robot nostalgique des 90′s. D’une cohérence enivrante, ce revival sait nous apporter une touche de fraicheur ironique au milieu d’une scène électronique souvent trop adepte de l’autocentrisme.

Clark

Iradelphic [Warp]

Signé depuis plus de 10 ans chez Warp, (Chris) Clark est un artiste non négligeable de la scène électronique. Nous, à Pocket Welt, même si nos avis peuvent diverger, on l’aime bien. Tout d’abord parce qu’il a l’audace de changer de genre ou presque à chaque sortie. Sa galette la plus connue Body Riddle fait dans l’IDM-propre-sur-lui tandis que Turning Dragon fait dans la techno tapageuse. Enfin parce que sa dernière production, Totems Flare (paru en 2009) est sans conteste son chef-d’oeuvre. Bourré d’idées et de sons en tout genre, surexcité et déviant, Totem Flares ravi par son aspect protéiforme mais cohérent. Et voila que 4 ans plus tard débarque Iradelphic… Et là, on se demande si Clark s’est enfilé un paquet de downer lui engluant le cerveau et les compo ? On sent les synthés vintage, on sent les début de Bibio, on sent le folktronica… C’est bien produit mais il manque malheureusement l’étincelle qui ferait passer le disque de « écoute agréable » à « album à conserver ». Un tournant une fois de plus courageux dans la carrière de Clark mais qui peine malheureusement à totalement convaincre…

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REEDITIONS / COMPILATIONS

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Ustad Abdul Karim Khan .

1934 – 1935 [Important]

La première fois que La Monte Young a entendu la musique d’Abdul Karim Khan, il s’est presque juré d’abandonner le chant et de ne plus écouter que lui. Utilisant la voix comme instrument principal, la musique du chanteur classique indien (qui s’inscrit dans le genre Khyal, originaire d’Inde du Nord), empreinte de mysticisme et tellement extraterrestre à nos oreilles occidentales, est effectivement fascinante – que l’on adhère ou pas à ce style vocal si particulier. Cette compilation reprend en réalité les mêmes morceaux enregistrés en 1934 et 1935 que l’album réédité l’année dernière par Mississippi, mais ce dernier étant quasi sold-out l’initiative d’Important Records tombe à point nommé pour tous ceux qui désirent découvrir un pan de la musique classique du pays de Gandhi par le biais de l’un de ses maîtres – « Ustad » en arabe persiannisé.

OFWGKTA .

The OF Tape Vol. 2 [Odd Future]

Beaucoup avaient lâché les troublions d’Odd Future après la sortie du pourtant plus que correct Goblin, mais nous à Pocket Welt avions continué de suivre le crew, galvanisés notamment par la soirée de folie que nous avions vécue à l’occasion de leur passage à Bruxelles. Sur le papier, beaucoup a changé depuis la sortie de Radical, leur précedent effort de groupe: une hype sans précédent, la reconnaissance de Kanye West et consort, des trophées, des tournées, des polémique, une émission de télé, un livre, une maison de disque… Mais le disque lui-même propose toujours la même rengaine qui commence à être lassante. Même Hodgy Beats, qui pourtant avait dévoilé un flow plus mature sur son recent EP, semble être retourné vers ses anciens travers. Il y a bien quelques morceaux comme l’impressionnant posse cut Oldie (et son couplet en or signé Earl) pour nous mettre du baume au coeur, mais c’est cette brillance fugace qui rend l’écoute de cette seconde OF Tape d’autant plus frustrante.

John Jacob Niles

The Boone-Tolliver Recordings [L.M. Dupli-cation]

Quand on évoque la musique de John Jacob Niles, impossible de ne pas mentionner son timbre soprane extraterrestre, entre voix éraillée et falsetto théâtral. Mais peu de choses furent conventionnelles dans la vie de ce chanteur folk des Appalaches, qui passa une grande partie de son temps à parcourir les Etats-Unis à la recherche de chansons traditionnelles à retranscrire; après avoir été blessé lors de la première guerre mondiale, il a notamment étudié la musique en France puis a été assistant de la photographe Doris Ulmann. Au début des années 50, alors qu’il jouissait d’une reconnaissance internationale, Niles s’est lancé dans une aventure un peu folle à l’heure ou le concept de home studio était encore inconnu: la création de son propre label, Boone-Tolliver, par le biais duquel sont sortis deux EPs enregistrés par Niles dans l’intimité de sa maison et distribués en quelques centaines d’exemplaires, et que l’on retrouve compilés dans cette superbe réédition publiée par L.M. Dupli-cation, le label du groupe A Hawk and a Hacksaw. Bruts et intenses, ces enregistrements qui mêlent reprises et compositions originales sont bien plus qu’une simple curiosité: tout amateur de folk qui soit devrait y jeter une oreille.

Divers .

Personal Space: 1974 – 1984 [Chocolate Industries]

Ce n’est pas que les compilations de musiques psychédéliques africaines ou de luk thung thailandais commencent à lasser, mais quand sort une compil aussi alléchante que Personal Space: Electronic Soul 1974-1984, on est en droit de s’enthousiasmer. Regroupant comme son nom l’indique une collection de morceaux enregistrés par des groovemen armés de synthétiseurs et autres boîtes à rythmes, Personal Space célèbre le lo-fisme d’un pan assez peu connu, si ce n’est pour les quelques expérimentations de Sly Stone ou Shuggie Otis, de la soul et du funk. Oscillant de pépites électro-soul à de floues élucubrations, la qualité des morceaux sélectionnés est malheureusement fluctuante, mais la compilation dans son ensemble se laisse écouter comme un bon bain chaud se laisse pénétrer, sous-entendu compris.

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SINGLES & EPs

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Mr Oizo

Stade 3 [Ed Banger]

On le sait, la nouvelle passion de Quentin Dupieux, c’est le cinéma. D’ailleurs tandis qu’il peaufinait son nouveau film Wrong à sortir fin juin dans les salles françaises, Mr Oizo jouait la carte du buzz en balançant simultanément un nouveau site web, un teaser vidéo ressuscitant Flat Eric et un nouvel EP à télécharger librement… Comme son nom l’indique, Stade 3 est la « suite » de son LP sorti fin 2011. Ces sept nouveaux morceaux en prolongent les sonorités électroniques arides, quasi lo-fi et minimales qui composaient Stade 2. Si l’ensemble est un poil plus calme, on ne perd rien du style iconoclaste de l’artiste. Un EP sans grosse surprise mais qui plaira sans aucun doute aux amateurs du genre.

Moomin .

Sleep Tight [Smallville]

Moomin revient… Mais non pas Les Moomins, ces adorables personnages finlandais de dessins animés, mais bien Moomin, le producteur de deep house a qui l’on doit le splendide album The Story About You paru l’an passé chez l’audacieux label Smallville Records. Et si cette fois Moomin veut nous mettre au lit, ce n’est pas pour nous endormir mais bien pour nous faire rêver. Des rêves feutrés, doux, et réconfortant dans une chaude nuit étoilée. Ces trois longues plages envoutantes et merveilleusement construites sont finalement sans surprises par rapport à son précédent LP, mais c’est un tel plaisir de découvrir ces nouvelles pistes que cela suffit amplement à faire notre plus grand bonheur.

Mount Eerie .

To The Ground [Atelier Ciseaux]

On verrait mal ces pistes bricolées sur clavier MIDI figurer sur l’un des deux albums de Mount Eerie prévus cet années, et qui s’annoncent d’ors et déjà très prometteurs; on y retrouve en effet un style de production bien éloigné du son chaud et organique dont Phil Elverum a le secret. Pour autant, ces expérimentations folktronica donnent à voir une facette nouvelle du travail d’Elverum et quand le label français Atelier Ciseaux lui a proposé une sortie 45T, il semble qu’il ait sauté sur l’occasion pour faire exister ces deux morceaux un peu à part, enregistrés avec Nick Krgovich du groupe No Kids. Avec sa production raffinée et ses choeurs, To The Ground est un grain plus excitante que la b-side Mouth of Sky (MIDI Strings), reinterpretation au clavier et à la talkbox du morceau du même nom (que l’on retrouve sur Wind’s Poem) qui ne manque néanmoins pas de charme malgré son aspect « démo ». Après deux ans de quasi hibernation musicale de la part de Phil Elverum, on savoure ce 45T en attendant la sortie imminente de Clear Moon; c’est promis, on vous en parle le mois prochain!

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CLIP DU MOIS

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Artiste plasticienne ainsi que musicienne, Felicia Atkinson vient de sortir sous son nom de scène Je Suis le Petit Chevalier l’album The Age of Wonder (Shelter Press / La Station Radar), donc la face B The First Forest est une petite merveille drone; superposé à des images du film Ori de Shuji Terayama, le morceau en devient encore plus inquiétant. Ca tombe bien, on aime ça.

Musicbox // Février 2012

La Musicbox revient ce mois-ci avec une sélection d’albums, EPs et singles sortis ou ressortis récemment et dont certains méritent vraiment le coup d’oreille. Hiver oblige, une majeur partie des chroniques à trait à la musique électronique dans toutes ses formes mais si vous désirez voyager par procuration vers des contrées plus clémentes, vous pouvez toujours vous attarder sur la réédition d’un des premiers albums d’Ali Farka Touré ou lancer le clip du mois. Simple suggestion.

A noter que plusieurs des albums sont disponibles soit en téléchargement gratuit – comme l’album de RXRY ou l’EP d’Hodgy Beats – ou en streaming sur bandcamp – comme la collaboration entre Bardo Pond et Tom Carter ou la B.O. composée par Willamette. Et qu’il est possible d’écouter un extrait de quasiment chaque sortie chroniquée en cliquant sur la flêche bleue près du titre. Sur ce, bonne écoute et bonne lecture!

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ALBUMS

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Oren Ambarchi .

Audience Of One [Touch]

Des voix sur le dernier album du maestro de drone électronique Oren Ambarchi? Les premières minutes de Audience Of One laissent un peu perplexe, comme si l’on s’était incrusté à la mauvaise soirée. Très vite, la monstrueuse pièce de 30 minutes au coeur du disque (Knots) nous ramène en terrain familier même si l’on reste à distance raisonnable de l’abstraction minimaliste à laquelle nous a habitué l’australien. Ni un chef-d’oeuvre, ni un échec, Audience Of One est un disque qui s’apprivoise et s’apprécie à la mesure de la patience que l’on veuille bien lui accorder, et ce à condition de ne surtout pas s’attendre à un Grapes From The Estate bis. Reste qu’en dépit des changements opérés (à cause d’eux?), le nouvel Oren Ambarchi peine à trouver sa voix malgré une réalisation admirable. C’est beau, mais terriblement frustrant.

Expensive Looks .

Dark Matters [Group Tightener]

Pas la peine de faire l’autruche, la mode est une boucle continue et le moment du revival des années 90 est bel est bien arrivé. Alec Feld, le new yorkais derrière Expensive Looks l’a bien compris et nous gratifie avec Dark Matters d’une pop de salon qui exhale l’époque de l’insouciance et de Windows 95, version Gala plutôt que Kurt Cobain. Sans continuer dans les références à n’en plus finir (cet album me rappelle non sans une certaine nostalgie les heures sombres de mes premiers émois musicaux, au secours!), Dark Matters est un album plein de charme et doté de quelques tubes (Be My Own notamment) mais qui manque cruellement d’une distance avec son sujet, distance qui lui confèrerait un statut autre que celui de disque simplement dans l’air du temps. Cela dit, je pense que le Patrick Bateman d’aujourd’hui approuverait. C’est bon signe non?

EMV .

Resolutions [Leaving Records]

Après nous avoir surpris en publiant Tragedy, l’excellent album de Julia Holter qui a agité la blogosphère l’année dernière, le label californien créé par Matthew David Leaving Records revient vers ses premiers amours glitch-hop avec Resolutions, une nouvelle sortie cassette signée Eric Michael Vallely. A l’instar de Dem Hunger (alias WANDA GROUP, GG ALIEN et j’en passe), EMV s’adonne aux collages sonores confluant aux frontières entre le hip-hop biscornu et la musique concrète, le tout plongé dans le torrent percussif quasi-ininterrompu de ce Resolutions. Un son « straight from the muthaf#%kn cassette » comme dirait feu J Dilla, mais si vous êtes plutôt DD et bibliothèque iTunes (no offense) Vallely a gracieusement offert en téléchargement gratuit une série de remixes de morceaux de l’album confectionnés par Devonwho, Walter Gross ou encore le fameux Dem Hunger. Par ici les amis.

Nina Kraviz

Nina Kraviz [Rekids]

C’est l’heure de vérité pour la plus belle russe de la scène électronique actuelle. Artiste de minimal-techno, Nina Kraviz s’est frottée aux plus grands noms depuis ses débuts (Efdemin, Sascha Funke) et a même tenté l’an passé une surprenante incursion dans la ghetto-house avec son EP Ghetto Kraviz. On retrouve d’ailleurs ce titre éponyme en troisième plage de son premier album. Un choix surprenant s’il n’est qu’il ne se marie pas très bien avec le reste du disque, alternant entre plages envoutantes et tracks de pures techno froides et cérébrales. C’est d’ailleurs avant tout le manque de cohérence qui choque à l’écoute du disque, qui semble plus pensé comme une accumulation de pistes qu’une véritable entité. Et malgré le plaisir que l’on a à découvrir la facette plus douce et moins connue de l’artiste, on regrette le manque d’une direction globale qui empêche le disque de vraiment convaincre.

Willamette .

Always In Postscript [Own]

Composé à l’origine comme la bande originale du court métrage de Charles Lim Yi Yong All The Lines Flow Out, le nouvel album du trio Willamette est loin d’être un simple exercice de commande. En effet, les droneux de Stars of the Lid ne renieraient pas les nappes d’ambient vaporeuses qui tapissent chaque recoin du superbe Always In Postscript, de la profondeur de ses accords à la poésie de ses titres. Masterisé par Taylor Deupree est publié chez Own (sur lequel est sorti l’excellent album de Thomas Mery Les Couleurs, Les Ombres l’an passé), Always In Postscript est un disque qui une fois l’écoute terminée laisse rêveur et hébété, la tête comme dans du coton mais un chouilla plus radieux. Dommage cependant que le nom de ce groupe me rappelle immanquablement ce chef-d’oeuvre d’émission – et j’espère que certains d’entre vous comprendrons de quoi je parle histoire que je me sente moins seule avec ma référence pourrie.

RXRY .

DLTRA [Autoproduit]

RxRy a débarqué sans crier gare début 2009 en livrant sur la blogosphère un album de musique électronique très remarqué creusent le sillon d’une techno-soft et atmosphérique. La plus grande raison de l’affolement? L’identité secrète de l’artiste au sujet de la quelle les noms les plus fous ont été lâché, allant de Aphex Twin à Noah Lennox (oui, le leader d’Animal Collective). Depuis lors, RxRy donne régulièrement des nouvelles en nous abreuvant d’EP ou d’LP d’une qualité globalement constante. En ce début 2012, RxRy revient en force en nous offrant le très bon DLTRA qui ressemble au disque de la maturité. Les sonorités sont plus denses et plus riches, conservant généralement leurs touches enveloppantes mais sachant également se faire parfois plus tranchantes, lorgnant même presque sur le glitch lors des derniers morceaux de l’album. Et ce n’est pas pour nous déplaire… Bonne nouvelle, le disque est en téléchargement libre sur le site de l’artiste.

Nuojuva .

Valot Kaukaa [Preservation]

Est-ce pour parer à la rudesse climatique de son pays que le finlandais Nuojuva (qui se faisait appeler Ous Mal il n’y a encore pas si longtemps) a voulu rendre cet album si chaleureux et enveloppant? C’est en tout cas réussi et ce dès les premières minutes de Hämärään et son craquellement ambiant qui n’est pas sans rappeler le crépitement d’un feu de bois. Parfois trop précieux, Valot Kaukaa (« Des lumières lointaines » en finnois) reste un disque regorgeant de subtils détails sonores qui rendent l’écoute prenante et surprenante, d’autant plus que quelques invités de marque viennent apporter leur contribution, telle la talentueuse Rachel Evans alias Motion Sickness of Time Travel dont la voix s’invite sur plusieurs pistes. Un joli petit album pour accompagner vos dernières soirées d’hiver, prostré au coin du feu ou scotché au radiateur.

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REEDITIONS / COMPILATIONS

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Ali Farka Touré .

Ni Foli [Social Music Records Club]

La face brute de bois du plus illustre bluesman africain est mise à l’honneur sur Ni Foli, réédition vinyle d’une cassette oubliée sortie au Mali au milieu des années 80 qui aurait eu toute sa place parmi les dernières sorties du label Sublime Frequencies. Mais contre toute attente, c’est Social Music Records Club et son système d’abonnement faisant la part belle aux revendeurs discogs qui a eu la bonne idée d’offrir à Ni Foli une sortie digne de ce nom – ou pas; à 350 exemplaires dont une bonne partie réservée aux abonnés, on se demande si le label a réellement l’intention de faire connaître ce chouette enregistrement ou avait juste envie de se faire plaisir. Fort heureusement, le disque reste disponible chez certains distributeurs – ce qui n’est pas le cas de la collaboration entre Grouper et Ilyas Ahmed Visitor, paru dans la même série et épuisé depuis belle-lurette – alors ne tardez pas pour mettre la main dessus, il n’y en aura pas pour tout le monde.

Bardo Pond + Tom Carter .

4/23/03 + 4/25/03 [Three Lobed Recordings]

Sorti relativement discrètement en 2004, 4/23/03 est le fruit d’une collaboration expresse mais efficace entre deux confins de la musique psychédélo-experimentale: d’un côté le groupe américain Bardo Pond et son space rock impeccable et de l’autre le guitariste Tom Carter, une des moitiés de Charalambides. Enregistré en une session d’improvisation un jour de mars 2003, 4/23/03 est à la hauteur des attentes qu’inspirent ces deux noms: plus d’une heure d’envolées drone mystiques, tantôt délicates, tantôt cinglantes pour un résultat planant. Le label Three Lobed sort aujourd’hui cet album dans une édition vinyle très soignée et l’agrémente d’une piste inédite ainsi que de 4/25/03, une performance live du duo en guise de CD bonus enregistrée comme vous l’aurez compris deux jours après l’album.

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SINGLES & EPs

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Actress .

Actress Meets Shangaan Electro [Honest Jon's]

Shangaan Electro, c’est une bande (ou plutôt, plusieurs) de joyeux luron sud-africains qui dansent et aiment lancer des « OH LO LO »; ce sont aussi des musiciens, chanteurs et DJs qui se spécialisent dans une sorte de new-wave africaine ultra-rapide et plutôt fun. Après le bon accueil critique de la compilation qui les a fait connaître dans nos contrées et parue chez Honest Jon’s en 2010, le label de Damon Albarn a rempilé avec une série de remixes élaborés par la fine fleur de l’electro contemporaine donc ces deux morceaux de l’estimé Actress. Ca commence mal avec un premier remix qui n’a pas grand chose à voir avec l’original si ce n’est le bref sample vocal, et qui devient vite insupportable compte-tenu des bidouillages incessants qui gâchent complètement le morceau; le second, beaucoup plus en adéquation avec ce qui rend Shangaan Electro si attrayant (et délicieusement bizarre), rehausse le tout. Un 10/20 pour Actress dont on attend tout de même le R.I.P. avec une impatience non dissimulée.

Ssaliva .

RZA [Vlek]

Je vous parlais plus haut de EMV et du label Leaving Records, et bien le bidouilleur belge Ssaliva (alias Cupp Cave) fait comme qui dirait partit de la même famille de beatmakers en marge. Il émane une sensation doucement nostalgique de cet EP paru chez ses compatriotes de Vlek, jusque dans le titre en hommage au fameux producteur en passant par les notes de synthé un peu fausse qui rappellent un walkman aux piles presque à plat (ah, la belle époque). Même si RZA ne vous ferra pas décoller de vos sièges – ce n’est pas le but, après tout – Ssaliva possède une empreinte sonore suffisamment singulière pour que l’on s’y attarde; et pour ma part, difficile de résister au clip de Night Landing qui remémorera de chauds souvenirs à tous les fans de The Ballad Of Gay Tony.

Hodgy Beats .

Untitled EP [Odd Future]

La voix du duo Mellowhype a, pour le temps de cet EP sans titre distribué gratuitement sur la toile, troqué les prods de ses amis Tyler et Left Brain pour celles de quelques beaux noms tels que The Alchemist (Dilated People), Jonti (récemment signé sur Stones Throw) et le label rouge du glitch-hop, j’ai nommé Flying Lotus. Même si certains instrus pèchent par manque d’originalité comme l’autoproduit Higashi Loves You, d’autres – Samurai, Lately, In A Dream pour ne citer qu’eux – sont de pures bijoux et complimentent le flow d’Hodgy Beats à merveille. S’il ne sera jamais un lyricist comme Earl, Hodgy Beats a le mérite d’être divertissant et cet Untitled EP témoigne du grand chemin parcouru par le rappeur depuis son premier opus solo, The Dena Tapes en 2009. Prochaine étape, un album chez Stones Throw entièrement produit par Madlib & Cie? Etant donné que les troublions d’Odd Future viennent de lancer leur propre label l’éventualité d’une telle sortie paraît peu probable, mais on peut toujours rêver.

Klub Des Loosers .

Volutes [Les Disques Du Manoir]

Quelques semaines après la livraison du premier morceau, L’indien, dont nous vous parlions ici le mois dernier, et quelques semaines avant la sortie du disque, La Fin de L’Espèce, dont nous vous parlerons probablement le mois prochain, le Klub des Loosers dévoile un deuxième titre: Volutes. Bien qu’assez monolithique, le beat déboite et confirme le virage plus instrumental et jazzy choisit par le groupe. Seul le nouveau flow de Fuzati dénote et peine une fois encore à se faire comprendre. C’est d’autant plus dommage que le texte est toujours un travail d’orfèvre, des kilomètres au dessus de n’importe quel autre rappeur français.

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CLIP DU MOIS

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OK, ça fait un moment que M.I.A. m’avait lâchée sur le bord de la route vers le succès mais je serai bien la dernière à renier le génie du clip de Bad Girls – et du morceau en lui même d’ailleurs. Pour mettre en image son tube au swag digne d’un Omar Souleyman (sans la moustache), M.I.A a de nouveau fait appel au réalisateur on ne peut plus hype Romain Gavras, qui cette fois a abandonné les ambiances anxiogènes des clips de Born Free et Stress pour livrer les 4 minutes d’images en mouvement les plus jouissives du mois de février 2012. Et moi qui croyait que cette vidéo virale était un fake…

Musicbox 2.0 // Janvier 2012

Musicbox, nouvelle formule? Alors que le débat fait rage autour de la décision du directeur en chef de Spin, Christopher Weingarten, de chroniquer bon nombre de disques via le réseau social aux 140 caractères, à Pocket Welt nous avons décidé d’experimenter avec un format un peu différent pour présenter nos chroniques musicales: des textes plus courts, mais plus d’albums à découvrir et surtout une vraie régularité dans la fréquence de publication.

Le pari de Weingarten a beau être contestable, l’argument qui en est à l’origine n’en est pas moins digne d’intérêt. Selon lui, « La valeur de l’opinion du critique rock moyen a coulé depuis que l’on peut obtenir une version haute qualité de pratiquement n’importe quel album grâce au pouvoir de Google, et ainsi écouter et décider pour soi-même si un disque vaut le coup… » - et en bons pirates que nous sommes, on est tentés d’acquiescer. Du moins jusqu’à la fin (inévitable?) de Mediafire, Soundcloud, Spotify & cie, autant d’outils qui nous permettent d’élargir notre palette de découvertes sans avoir à se fier aveuglément à la critique, dont l’existence est toute légitime mais qui est devenue à l’heure actuelle un outil comme les autres au service de l’auditeur – et par conséquent, du créateur.

Profitant du début d’année pour découvrir et re-découvrir des sorties passées, la sélection d’albums que nous vous proposons est loin d’être exhaustive mais l’on vous promet encore plus de chroniques dans les prochains mois, en espérant que la version 2.0 de la Musicbox vous séduise. Et n’hésitez pas à réagir sur la nouvelle formule dans les commentaires, on vous y attend!

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ALBUMS

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Ilyas Ahmed I

With Endless Fire [Immune]

Après nous avoir gratifiés en fin d’année d’un confidentiel EP en duo avec Liz Harris alias Grouper (Visitor, paru chez Social Music Club), Ilyas Ahmed revient avec un nouvel album intitulé With Endless Fire, collection de morceaux folk-rock psyché dans la lignée de ses précédents opus. On peut regretter que le multi-instrumentaliste s’éloigne de plus en plus de l’expérimentation des débuts pour s’orienter vers du songwriting pur, mais l’on y retrouve avec délectation la beauté noire qui rend la musique d’Ilyas Ahmed si mystérieusement singulière.

The Caretaker .

Patience (After Sebald) [History Always Favours The Winners]

Je l’évoquais dans le Top Album 2011, voici donc Patience (After Sebald), bande originale du film homonyme signé Grant Gee. Sous le nom d’emprun de The Caretaker, Leyland Kirby revisite ici à sa manière une composition de Schubert (Winterreise, 1927) pour évoquer la mémoire de l’écrivain allemand WG Sebald que le film a pris pour sujet. Bien que parfois inégal, on retrouve sur Patience la capacité de Kirby à nous transporter dans un univers aussi effrayant que confortant. Un disque beau et froid.

Tyme. x Tujiko .

GYU [Editions Mego]

Les fans de 28, la collaboration entre Tujiko Noriko et Aoki Takamasa parue en 2005, se réjouiront sans doute de la sortie chez Editions Mego de GYU qui voit la musicienne japonaise s’associer au bidouilleur électronique Tatsuya Yamada (alias Tyme.) pour un disque qui oscille malicieusement entre J-Pop et synth-music. La dimension pop de GYU ne plairait sans doute pas à tout le monde, mais il serait dommage de passer à côté de sa poésie lancinante et résolument féminine.

J. Collin

Untitled (High Peak Vibrations Vol. II) [Winebox Press]

Dernière sortie du label Winebox Press, spécialisé dans les cassettes qui se démarquent par leur packaging en bois de récup’, Untitled (High Peak Vibrations Vol. II) du mancunien Jon Collin est plus qu’un bel objet. Armé d’une simple guitare acoustique, Collin dresse des paysages épurés dans un style qui n’est pas sans rappeler – toute mesure gardée – l’avant-gardisme de Loren Mazzacane Connors, John Fahey ou encore Ilyas Ahmed évoqué ci-dessus. A 57 exemplaires, difficile de mettre la main dessus mais le premier volume de la trilogie est disponible chez Giant Hell.

Matt Elliott .

The Broken Man [Ici d'Ailleurs]

Après un retour vers les aspirations électroniques de ses débuts en tant que The Third Eye Foundation, Matt Elliott revient sous son nom de baptême avec The Broken Man chez les français d’Ici d’Ailleurs. Force est de constater que le songwriter britannique maîtrise toujours aussi bien les complaintes folk à faire pleurer un catcheur, mais alors que la trilogie Songs est close, The Broken Man donne l’impression que Matt Elliott tourne en rond. Mention spéciale tout de même pour If Anyone Tells Me « It’s Better To Have Loved And Lost Than To Never Have Loved At All », I Will Stab Them In The Face.

Agali Ag Amoumine .

Takamba [Mississippi / Sahel Sounds]

Enregistré à Tombouctou par Christopher Kirkley – à l’origine l’excellent blog / label Sahel Sounds -, Takamba est une plongée hypnotique dans les paysages arides du Sahel, 40 minutes électrisantes pendant lesquelles le griot touareg Agali Ag Amoumine ne lâche pas son tehardent d’un pouce. Et contrairement aux compilations Music For Saharan Cellphones et Ishilan N-Tenere au son lo-fi affirmé, un soin particulier semble avoir à été apporté à l’enregistrement de Takamba tout en préservant la qualité rugueuse qui sied si bien à la musique sahélienne.

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REEDITIONS

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Porter Ricks .

Biokinetics [Type]

Pour célébrer leur centième sortie, le label britannique Type a frappé fort avec la réédition d’un classique de la techno minimale paru en 1996 chez Chain Reaction et dont l’édition originale s’arrache à prix d’or. Premier né de la collaboration entre Thomas Köner et Andy Mellwig, ce Biokinetics dont on ne peut que se réjouir de la résurgence est une véritable plongée sensorielle dans les abysses de la bass music, avec des titres aussi évocateurs que Nautical Dub ou encore Port of Call. Une réédition essentielle pour un album qui 15 ans après exulte toujours autant la modernité.

Rene Hell / Pete Swanson

Waiting For The Ladies [Shelter Press]

Cette réédition du split record que se partagent deux figures de la musique expérimentale marque la première sortie vinyle de Shelter Press, maison d’édition bruxelloise qui nous promet de belles sorties futures. Initialement paru en 2010, Waiting For The Ladies est un disque hétéroclite qui ravira les amateurs du genre, avec en face A un assaut sonore de la part de Pete Swanson (feu Yellow Swans) dont la voix se retrouve noyée dans une marée de bruit et en face B, l’électronique cosmique et éthérée de Rene Hell. Un split aux contours imprévisibles, comme on les aime.

Le Mystère Jazz de Tombouctou .

Le Mystère Jazz de Tombouctou [Kindred Spirits]

En dehors des cuivres clairement afrobeat, on ne trouve pas beaucoup trace de jazz sur cet album publié en 1977 financé via un projet lancé par le gouvernement malien puis tombé dans l’oubli, qui donne surtout la part belle au chant et à la guitare. Dépoussiéré par le label néerlandais Kindred Spirits, Le Mystère Jazz de Tombouctou est un vibrant mélange de diverses sonorités ouest-africaines, en équilibre permanent entre tradition et modernité.

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SINGLES & EPs

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Mount Eerie / Selector Dub Narcotic .

Distorted Cymbals [K Records]

Issu d’une série de 7″ enregistrés dans les studios Dub Narcotic par une poignée d’artistes de chez K Records, Distorted Cymbals ne figurera probablement pas sur l’un des deux albums de Mount Eerie prévus pour 2012 mais s’il augure de la direction empruntée par ceux-ci, on risque de découvrir une enième facette de Phil Elverum. Rythmé et groovy (!), le morceau est accompagné en face B d’un remix signé Selector Dub Narcotic (Calvin Johnson) pour le moins… particulier. A noter que Phil Elverum entamera en mars une tournée européenne avec Earth et Ô Paon, et ça c’est cool.

Klub des Loosers

L’Indien [Les Disques du Manoir]

Plus de 6 ans après Vive La Vie, les apparitions quasi-concomitantes d’une page Facebook, d’un nouveau site web officiel et d’une grosse interview sur l’Abcdr du son laissaient présager un retour en force du Klub des Loosers. C’est chose faite avec une date pour le prochain LP La Fin de l’Espèce (le 5 mars 2012) et l’apparition sur la toile du premier titre L’Indien. Le beat jazzy de DJ Detect déstabilise mais charme l’oreille et le flow définitivement anomal de Fuzati peine parfois à se faire comprendre mais reste truffé de punchlines délicieusement tordues. Vite la suite.

Pierrot Lunaire

Theme for Ascension and Eternal Love [Hooker Vision]

Ce 7″ de Pierrot Lunaire (à ne pas confondre avec le groupe de rock progressif italien du même nom) est un drôle de trip d’une dizaine de minutes, mêlant cuivres saturés et voix pitchées dans une série de collages sonores labyrinthiques; un peu comme si Leyland Kirby, sous l’influence d’une bonne dose d’acide, avait choisi de remixer Pharoah Sanders et Berlin à la place de Schubert. Theme for Ascension and Eternal Love vient de sortir en 200 exemplaires chez Hooker Vision, le label du couple le plus adorable de la scène ambient depuis Celer et le destin tragique qu’on lui connaît.

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CLIP DU MOIS

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Tourné en une prise sans aucune manipulation digitale par Rick Bahto, cette superposition de projections qui accompagne Marienbad, le dernier single de la californienne Julia Holter, nous fera patienter jusqu’à la sortie de son album Ekstasis chez RVNG.

[Musique] Le meilleur de 2011

Bien que peu d’albums sortent passé novembre, décembre est peut-être ma période de consommation musicale favorite: on épluche les classements et autre listes à la recherche des perles qui nous auraient échappées, on recoupe tout, on redécouvre… Mais c’est un peu comme avec Noël, quand tout le monde achète son sapin et installe ses décorations bien avant l’heure parce qu’on est tous très excités et qu’ainsi, tout peut-être remballé dès le 26 décembre pour vite passer à autre chose. Chez Pocket Welt, on a pris un tout petit peu plus de temps pour vous concocter la liste de nos coups de coeur de l’année – avec en bonus quelques albums à venir qui devraient vous faire saliver.

Avec sa dégaine d’ours bien léché, on donnerait à monsieur Bill Orcutt le bon Dieu sans confession si ce n’était pour la violence quasi-démoniaque dont il fait preuve à l’encontre de sa pauvre guitare qui, elle, n’a rien demandé. Nous, on en redemande et il faut croire que Editions Mego aussi puisqu’après avoir réédité sur compact disc A New Pay to Pay Old Debts en début d’année, le label autrichien de Peter Rehberg (KTL, Fenn O’Berg, MIMEO…) a remis le couvert avec le presque aussi excellent How the Thing Sings. Les bizarreries commencent avec la pochette – entre hommage à Stevie Ray Vaughan et real-life trolling (j’aimerais voir la tête des fans de Vaughan pensant acquérir une rareté de leur idole) – et se poursuivent au gré des assauts de guitare improvisés d’une jouissance viscérale. En déconstruisant le blues, Bill Orcutt semble vouloir en retrouver les racines; juste une guitare, et un type qui a vendu son âme au diable.

Pour commencer attardons-nous quelques instants sur PAN, l’excellent label sur lequel est sorti Intersex. Non contents d’être à l’origine de quelques unes des pochettes les plus inventives de l’année (voir un article à ce sujet sur Resident Advisor), les berlinois ont le nez fin et un certain goût pour la prise de risque; entre le free-jazz d’André Vida, l’improvisation libre d’Eli Keszler ou encore les collages sonores de Ghédélia Tazartès, on ne compte plus les albums de qualités sortis chez PAN cette année. Intersex, signé par Steven Warwick (Birds of Delay) sous le pseudonyme de Heatsick, est quant à lui un disque de quatre pistes plutôt intrigant dans sa façon d’osciller entre fièvre dancefloor et musique concrète. Mais surtout, il contient contre toute attente l’un des morceaux les plus groovy de 2011, le bien nommé Ice Cream on Concrete qui s’étend sur quelques 13 minutes de transe électronique.

Entre un nouvel album sous le pseudonyme de The Caretaker, la série d’EPs Intrigue & Stuff et cet Eager to Tear Apart the Stars, 2011 fut une année relativement prolifique pour Leyland Kirby – et cela risque de continuer puisque vient tout juste de sortir Patience (After Sebald), bande originale du dernier film de Grant Gee. De prime abord sec et glacial, l’ambient mélancolique de Eager to Tear Apart the Stars semble habitée par des fantômes étrangement familiers dont la présence une fois le premier frisson passé deviendrait presque réconfortante. Telle une bouteille à la mer fraichement ouverte, usée et fragile, il semble être le véhicule des réminiscences d’un passé enfoui que l’on (re)découvre avec fascination.

On reste dans un climat similaire avec Owl Splinters, qui marqua en début d’année le retour du duo norvégien Erik K. Skodvin et Otto Totland – alias Deaf Center – après le sublime Pale Ravine en 2005. Depuis la sortie de ce dernier, les deux comparses ont tracé leur propre chemin avec pour le premier le projet dark ambient Svarte Greiner et pour l’autre, la musique aux accents néo-classiques de Nest; l’influence du style de chacun est par conséquent nettement plus manifeste sur cet album qu’elle ne l’était sur son prédécesseur. Bien que le piano funeste d’Otto Totland semble parfois un peu envahissant, les nappes de Skodvin donnent au tout une atmosphère infiniment menaçante qui nous attire irrésistiblement vers le fond du gouffre jusqu’aux dernières notes de Hunted Twice. Sombre voyage que ce Owl Splinters.

En règle générale, le hip-hop à tendance à ne pas très bien vieillir passé la quarantaine. Il existe bien entendu une pleiade de contre-exemples, mais peu sont aussi spectaculaires que la réinvention entreprise par Ishmael Butler des Digable Planets avec le projet Shabazz Palaces. Entre esthétique afro-futuriste, instrus denses et MCing affuté, Black Up rempli à merveille son contrat d’ovni musical et tire son épingle du jeu alors que le hip-hop est en pleine rejuvénation au propre comme au figuré. Et s’il vous en prenait l’envie d’acquérir l’une (CD) ou l’autre (vinyle) version de Black Up, sachez qu’un grand soin a été apporté à la confection de l’objet – je n’en dirai pas plus, je vous laisse la surprise.

Enregistré par Graham Lambkin depuis le siège passager d’une Honda Civic (sa femme au volant et les enfants à l’arrière) en route vers une destination mystérieuse, l’aventureux Amateur Doubles est une superbe mise en abîme sonore qui nous donne à réfléchir sur l’acte même d’écouter. En effet, chacune des faces du disque donne la part belle à un album d’électro-prog française glissé dans le lecteur CD de la voiture – respectivement, Pôle de Besombes-Rizet (1975) et 3000 Miles Away de Philippe Grancher (1977) – alors que Lambkin s’adonne à d’obscurs bidouillages. Le résultat, entrecoupé par les bavardages des enfants, le bruit du moteur tantôt imperceptible, tantôt omniprésent, est aussi menaçant qu’il est volatile. Sorti discrètement chez KYE en décembre, Amateur Doubles est certainement le field recording le plus passionnant de l’année aux côtés de El Tren Fantasma de Chris Watson.

Côté bass music, on n’a pas fait mieux en 2011 que les deux EPs (ou sont-ce des albums? On n’en sait trop rien.) Passed Me By et We Stay Together, réunis en fin d’année dans une unique édition chez Modern Love. Empreinte de dub et de dark ambient, la techno d’Andy Stott est un profond marais aux contours troubles dans lequel on s’embourbe avec plaisir pour en ressortir au bord de l’asphyxie, éprouvé mais ravi. Andy Stott a avoué avoir été très influencé lors de l’enregistrement par Splazsh d’Actress, ce même Actress qui devrait nous pondre Ghettoville en 2012; s’ils continuent tous deux à la même cadence, on sait déjà quels seront les meilleurs albums de musiques électroniques jusqu’en 2017. Ou pas.

Officiellement, il s’agit de deux albums bien distincts; officieusement, il est bien difficile de considérer ces deux disques séparément tant ils se complètent l’un l’autre: d’un côté, l’univers macrocosmique d’Alien Observer et de l’autre, le monde des ombres de Dream Loss. Deux satellites d’une même planète selon Liz Harris qui, pour ces albums, est quelque peu revenue à ses premières amours dronesques après un Dragging a Deer up a Hill empreint de folk lo-fi. Synthèse parfaite des mélodies de Dragging… et du bruitisme de ses débuts, A | A est une pierre brute sur laquelle la voix évanescente de Liz Harris vient se désagréger au milieu des échos de guitare et de piano dans un brouillard nebuleux dont elle seule a le secret; et bien que l’écoute s’avère parfois exigeante, il suffit d’un peu de patience pour finir immergé dans les volutes de Dream Loss et Alien Observer.

Enregistré dans une église de Reykjavik avec la précieuse assistance de Ben Frost, Ravedeath, 1972 jouit d’une palette de textures colossales qui rend chaque écoute plus captivante que la précédente. Dans un flot ininterrompu, son orgue grandiloquent et ses nappes drones forment un monolithe que seuls viennent perturber quelques bruits d’ambiance tels le son d’un moteur ou la réverbération des murs, qui confèrent à l’écoute une sensation de confinement toute particulière. La capacité de Tim Hecker à composer une musique à la fois dense et immensément expressive est probablement ce qui lui a valu d’être acclamé par tous les blogs de France et de Navarre mais ne vous méprenez pas, Ravedeath, 1972 est une oeuvre complexe qui mérite tout le bien que l’on en a dit.

« My cattle. Ts, ts. »

Je ne vais pas m’épancher sur la place que tiens Apocalypse dans la discographie fournie de Bill Callahan car je fais partie de ceux qui, avant cet album, n’avaient pas prêté une oreille suffisamment attentive à l’écriture délicate du songwriter à la voix ténébreuse. Faute avouée, à moitié pardonnée et c’est désormais non sans une certaine ébullition que je me plonge inéluctablement dans l’écoute de ce western acoustique qui dépeint les étendues sauvages du grand-ouest américain tout en name-droppant David Letterman dans le jubilatoire America. Echappée aérienne teintée de jazz, Apocalypse est un disque à l’écart du temps qui éveille chez l’auditeur un sentiment de liberté aussi fugace et chétif qu’une rosée matinale que l’on imagine poindre entre les lignes de One Fine Morning. « The mountains bowed down like a ballet in the morning sun » Callahan fredonne, impassible, tout en chevauchant sa monture à la rencontre de son apocalypse. Et on tient là l’album de l’année.


St. Vincent | Strange Mercy (4AD)

V/A | Thai? Dai! The Heavier Side of the Luk Thung Underground (Finders Keepers)

Death Grips | Exmilitary (Third Worlds)

Julia Holter | Tragedy (Leaving Records)

Steve Hauschildt | Tragedy & Geometry (Kranky)

Tyler, The Creator | Goblin (XL)

Grasshopper | Goodnight Sweet Prince (Baked Tapes)

Giles Corey | Giles Corey (Enemies List)

Thomas Mery | Les Couleurs, Les Ombres (Own)

Cyclo | Id (Raster-Noton)

On vous en a déjà parlé ci-dessus, le nouvel Actress à sortir chez Werk devrait faire mal // Après l’excellent Teen Dream, le duo de Baltimore Beach House devrait dévoiler son quatrième album // Earl aura 18 ans dans quelques mois et on attend bien sur avec impatience qu’il resurface après son séjour forcé dans les îles Samoa. Et son acolyte Tyler, The Creator saura t’il confirmer ses talents avec Wolf, prévu pour le mois de mai ? // Le crooner passé ermite D’Angelo devrait faire son grand retour en 2012, 12 ans après Voodoo // Non pas un mais deux albums de Mount Eerie sont prévus pour cette année // La californienne Julia Holter a déjà un nouvel album dans les cartons, ça s’appelle Ekstasis et ça sort en mars chez Rvng // On verra bien si Azealia Banks confirme le buzz de 212 avec Broke With Expensive Taste // On espère que Cancer For Cure, le premier véritable album de El-P depuis I’ll Sleep When You’re Dead en 2007, ne se fera pas trop attendre // Si l’on se fie aux extraits dévoilés, l’album Numbers de Mellowhype devrait être plus que solide // Après le très beau Hotel Monterey sortie cette année, nous sommes impatients de pouvoir (ré)écouter sur galette la création A Rebours du duo parisien Minizza // Et, si possible, plein d’autres surprises…

Et sinon, vous… quelles sont vos sorties les plus attendues?

Les meilleurs clips de 2011

10. Das Racist – Michael Jackson

« Michael Jackson / $1,000,000 / You feel me? / Holla. »

Dans le clip le plus WTF de ce top, les blagueurs de Das Racist signent avec Michael Jackson un hommage sous acide au roi de la pop, mais pas que: on y trouve également un clin d’oeil prononcée au Dieu de la pop, connu des mortels sous le doux nom de David Hasselhoff. Ca vaut bien une petite larmichette.

09. Julia Holter – Try To Make Yourself A Work Of Art

Sorti chez les californiens de Leaving Records, Tragedy de Julia Holter fut l’un des albums les plus surprenants et singuliers de 2011. Le clip de Try To Make Yourself A Work Of Art est, à l’image du morceau, un trip aussi psychédélique qu’élégant. Le remède parfait pour ceux qui, comme moi, récupèrent encore de leur soirée du 31.

08. Heatsick – Ice Cream On Concrete

Le clip NSFW du classement, Ice Cream On Concrete va réchauffer vos soirées d’hiver en mode psych-porn.

07. St. Vincent – Cruel

3 minutes d’auto-flagellation pour Annie Clark qui se retrouve kidnappée par une famille des plus sinistres à la recherche d’une mère de substitution à martyriser. Heureusement, ses tortionnaires pas si cruels que ça lui autorisent tout de même un petit solo de guitare dans le coffre de la voiture.

06. ASAP Rocky – Peso

« Gun cock / Gun shot / Gonna lick a boy. »

Pour sûr, le clip le plus swag de l’année.

05. Grouper – Alien Observer

Homo-érotisme et nécrophilie sont de la partie dans de clip de l’éthéré Alien Observer. Tout un programme!

04. Sun Araw – Impluvium

Belle démonstration aérobique d’Abbe Findley, artiste-performeuse qui a fait de la danse de jardin sa spécialité. Mention spéciale pour le superbe camaïeu de bleu.

03. Shabazz Palaces – Black Up

Superbement filmé et monté, ce clip-sampler de l’album Black Up est une véritable épopée visuelle qui oscille entre jungle végétale et jungle urbaine et nous laisse tout aussi pantois que le hip-hop feuillu de Shabazz Palaces.

02. Azealia Banks – 212

« Imma ruin you cunt. »

Un mur en brique, un pull Mickey et une bouche généreuse pour un diss acerbe à l’attention de Nicki Minaj: celle qui est déjà présentie comme la nouvelle sensation de 2012 a tout compris.

01. Tyler, the Creator – Yonkers

Est-ce qu’il reste encore des choses à dire sur le clip de Yonkers, mis à part qu’il a sans doute mis la barre un peu haut pour le tout de même très bon Goblin, qui semble avoir fortement déçu tous ceux qui s’attendaient à y entendre quatorze autres Yonkers? Pour le meilleur ou pour le pire, Yonkers est sans conteste le clip qui a marqué 2011.