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janvier 2010

Michel François – Plans d’évasion @ SMAK [Gent]

L’exposition qui m’intéresse aujourd’hui est une rétrospective de l’artiste belge Michel François. Elle est visible au SMAK de Gant et est intitulée : Plans d’Evasion.

Son art n’est pas sans faire écho à ceux de deux artistes belges ayant ou ayant eu récemment de grandes expositions dans le plat pays. Je pense à Ann Veronica Janssen au Wiels de Bruxelles dont j’ai parlé dans l’article précédant et à Edith Dekyndt au Grand Hornu au sujet de la quelle je n’ai pris le temps de poster. Il s’agit  d’un art sensible que j’apprécie véritablement, jouant avec l’impalpable et les ressentis.

Les oeuvres de Michel François traitent également de la perception tout en y rajoutant une touche d’humour et d’incongru.

La conception de l’exposition est en elle même remarquable. Pour l’installation l’artiste à bénéficié d’un temps relativement long (3 mois je crois) et a transformé une partie du musée en atelier, cherchant, créant et vivant sur place. Cet endroit est la première pièce de l’exposition. Il se crée immédiatement un lien fort entre l’art exposé et le lieu visité.

Cette impression se renforce dans les pièces suivantes ou la rétrospective a effectivement lieu. En effet certaines oeuvres sont en lien direct avec l’espace : vitres du musée cassés de façon à donner une vision trouble du monde extérieur, « Pas Tomber ! » gravé dans le mur d’une pièce tout en laissant les gravats de la réalisation sur le sol.

Si les autres oeuvres ne sont pas lié directement au bâtiment muséal, elles s’y intègrent tout aussi bien. En effet un bon nombre d’oeuvres sont uniques et doivent être reconstruite entièrement à chaque exposition. Je pense notamment à ces deux salles se répondant : l’une d’elle est rempli d’un infinissable tuyau figé dans du béton, l’autre occupé par des barres de fer créant une structure basée sur les murs et de puissants aimants.

Il se crée une poétique fragile d’un réel insaisissable mais pourtant indéniablement concret.

En outre de nombreuses autres installations – une piscine remplit de boules de polystyrène et de cactus sur les quels sont embroché des centaines de boules, un drapeau ne flottant que grâce à de l’air sous pression, des centaines de pissenlit suspendus à l’envers dans une pièce et restant mystérieusement entier – , Michel François présente également quelques vidéos et photographies. Ces travaux ne répondent pas à l’attente classique que l’on peut avoir face à ce type d’art. Ses vidéos sont très courtes et présentés aléatoirement sur un ordinateur, ses photos sont « bruts », cad imprimés en série en format Abribus et collé ou punaisé aux murs – dans certaines expos des tas de reproduction parsèment le parcourt et l’on peut se servir librement, à la façon des travaux de Felix Gonzalès Torés. Ces oeuvres font toutes un écho plus ou moins lointain, thématique ou sensible, à d’autres de ses oeuvres, créant un univers caractéristique et cohérent.

Il semblerais que cette exposition remporte un franc succès. Et c’est formidable que Michel François remporte un succès populaire car il présente un art facile d’accès, agréable et surprenant sans tomber dans la facilité et la bêtise. Peut être que plus d’artistes dans son genre réconcilierais le grand public avec l’art contemporain ?

Il semblerait qu’après Gent (Belgique), l’exposition soit reprise à Villeurbanne dans le courant de l’année 2010 : que les lyonnais ne ratent pas cette occasion !

SMAK de Gent du 10.10.2009 au 10.01.2010

Institut d’Art Contemporain de Villeurbanne du 12.03.2010 au 09.05.2010

Ann Veronica Janssens – Serendipity @ Wiels [Bxl]

La nouvelle exposition de l’artiste belge Ann Veronic Janssens se déroule actuellement au Wiels, un lieu où  je ne m’étais jamais rendu et qui s’avère être un superbe lieu d’exposition, extrêmement vaste et lumineux. Remarquable.

Janssens est une artiste que l’on pourrait lier au courant minimaliste mais qui s’avère être bien plus que cela. C’est avant tout une artiste cherchant à « matérialiser », à « saisir » l’imperceptible. Ses oeuvres vont alors faire appels à nos différents sens, créant directement et indirectement – par la perception de l’espace d’exposition qui s’en trouve changé – des ressentis chez le visiteur.

La première pièce dans laquelle nous pénétrons est simplement occupé par un écran sur le quel est projeté une lumière blanche au rythme saccadé et savamment étudié, provoquant tout d’abord éblouissement puis fascination.

Je laisse de côté ses quelques vidéos et sculptures pour décrire rapidement d’autres installations de ce genre. Une des pièces est éclairé par des diodes passant de façon irrégulière et très rapide au rouge et au bleu. L’effet est saisissant. Après quelques instants passé sous cette lumière la perte de repère était total, m’empêchant de repérer correctement les murs m’entourant.

Dans la même esprit était spécialement installé sur le toit du Wiels une pièce remplit de fumée blanche très épaisse et inodore. Impossible de voir à 10 centimètres. Mais le plus intéressant résidait dans l’éclairage de l’installation. Le pièce était en réalité un caisson en plastique épais et multicolore. Le soleil traversais les parois et colorisait la fumée d’une couleur différente en fonction de la zone ou nous nous promenions. C’était en quelque sorte un magnifique et incroyable voyage à travers les couleurs de l’arc en ciel.

Mais ses expérimentations touchaient également au son, avec par exemple une isolation par petits groupes dans une chambre anéchoïque et faisant entrer chacun dans un bruit sourd et permettant – d’après certains – d’entendre son corps – sons grave pour le coeur, aigu pour le système nerveux – même si personnellement je n’ai pas vécu cela. Une autre pièce était au contraire emplit d’une fréquence dont les longueurs d’ondes correspondaient aux dimensions de la salle elle même. Le moindre déplacement au coeur de la pièce créait des interférences distinctement perceptible amenant à la création de ce qui était appelé un véritable « paysage sonore ». Bluffant.

Je n’étais pas forcément au plus tranquille pour apprécier les oeuvres (forcément un groupe de 50 étudiants a débarqué en même temps que moi et même si l’expo est grande, ca prend de la place) ou disposer du temps dont j’aurais voulu mais dans l’ensemble j’ai vraiment apprécié et été interessé par les diverses recherches de l’artiste.

Exposition visible du 05.09.2009 au 06.12.2009