L’exposition qui m’intéresse aujourd’hui est une rétrospective de l’artiste belge Michel François. Elle est visible au SMAK de Gant et est intitulée : Plans d’Evasion.
Son art n’est pas sans faire écho à ceux de deux artistes belges ayant ou ayant eu récemment de grandes expositions dans le plat pays. Je pense à Ann Veronica Janssen au Wiels de Bruxelles dont j’ai parlé dans l’article précédant et à Edith Dekyndt au Grand Hornu au sujet de la quelle je n’ai pris le temps de poster. Il s’agit d’un art sensible que j’apprécie véritablement, jouant avec l’impalpable et les ressentis.

Les oeuvres de Michel François traitent également de la perception tout en y rajoutant une touche d’humour et d’incongru.
La conception de l’exposition est en elle même remarquable. Pour l’installation l’artiste à bénéficié d’un temps relativement long (3 mois je crois) et a transformé une partie du musée en atelier, cherchant, créant et vivant sur place. Cet endroit est la première pièce de l’exposition. Il se crée immédiatement un lien fort entre l’art exposé et le lieu visité.
Cette impression se renforce dans les pièces suivantes ou la rétrospective a effectivement lieu. En effet certaines oeuvres sont en lien direct avec l’espace : vitres du musée cassés de façon à donner une vision trouble du monde extérieur, « Pas Tomber ! » gravé dans le mur d’une pièce tout en laissant les gravats de la réalisation sur le sol.
Si les autres oeuvres ne sont pas lié directement au bâtiment muséal, elles s’y intègrent tout aussi bien. En effet un bon nombre d’oeuvres sont uniques et doivent être reconstruite entièrement à chaque exposition. Je pense notamment à ces deux salles se répondant : l’une d’elle est rempli d’un infinissable tuyau figé dans du béton, l’autre occupé par des barres de fer créant une structure basée sur les murs et de puissants aimants.

Il se crée une poétique fragile d’un réel insaisissable mais pourtant indéniablement concret.
En outre de nombreuses autres installations – une piscine remplit de boules de polystyrène et de cactus sur les quels sont embroché des centaines de boules, un drapeau ne flottant que grâce à de l’air sous pression, des centaines de pissenlit suspendus à l’envers dans une pièce et restant mystérieusement entier – , Michel François présente également quelques vidéos et photographies. Ces travaux ne répondent pas à l’attente classique que l’on peut avoir face à ce type d’art. Ses vidéos sont très courtes et présentés aléatoirement sur un ordinateur, ses photos sont « bruts », cad imprimés en série en format Abribus et collé ou punaisé aux murs – dans certaines expos des tas de reproduction parsèment le parcourt et l’on peut se servir librement, à la façon des travaux de Felix Gonzalès Torés. Ces oeuvres font toutes un écho plus ou moins lointain, thématique ou sensible, à d’autres de ses oeuvres, créant un univers caractéristique et cohérent.

Il semblerais que cette exposition remporte un franc succès. Et c’est formidable que Michel François remporte un succès populaire car il présente un art facile d’accès, agréable et surprenant sans tomber dans la facilité et la bêtise. Peut être que plus d’artistes dans son genre réconcilierais le grand public avec l’art contemporain ?
Il semblerait qu’après Gent (Belgique), l’exposition soit reprise à Villeurbanne dans le courant de l’année 2010 : que les lyonnais ne ratent pas cette occasion !
SMAK de Gent du 10.10.2009 au 10.01.2010
Institut d’Art Contemporain de Villeurbanne du 12.03.2010 au 09.05.2010






