Archives:
mars 2010

Bulles Croisées #1


Lecteur assidu de bandes dessinées, j’ai décidé de commencer avec « Bulles Croisées » une nouvelle série d’articles.
Je récapitulerais dans ces textes mes dernières découvertes du 9éme art. Le tout sera agrémenté d’un texte critique de taille variable, développé selon l’envie.

………………………………………………………………………………………………………………………………………………………….

La Volupté – Blutch


Découverte de Blutch.


Très bon ouvrage. Sombre, poisseux mais captivant. L’univers glauque dans le quel nous plonge l’auteur est très bien rendu par son dessin entre pastel et crayonné. Plus les pages se tournent et plus l’on sait que tout est possible. Surtout le pire…

………………………………………………………………………………………………………………………………………………………….

Livret de Phamille – JC Menu


J’étais très content de tomber sur un ouvrage de JC Menu.


Ce livre rassemble diverses histoires courtes paru dans divers numéro de Lapin, la revu de l’Association.
Les divers récit portent sur des sujets aussi divers que des carnets de voyages, la naissance de sa fille, ou les déprimes chroniques de Menu.
Si le premier chapitre peut paraitre un peu aride, la suite est de meilleur niveau et parvient à transmettre de façon assez touchante la sensibilité et les tracas (déprime, alcoolisme ect) de l’auteur, le tout porté par un style graphique très vif. Mes préférences vont à Mélo mimolette blues et au récit retraçant l’année de ses 30 ans.

………………………………………………………………………………………………………………………………………………………….

Mauvais Chemin – Jason


Je n’ai jamais rien lu de cet auteur mais son style graphique me paraissait familier.

Avec Mauvais Chemin paru aux éditions -toujours surprenante- Atrabile, Jason revisite le mythe de Frankenstein dans une version décallé, actualisé et peu bavarde.
Court et pas mal mais je n’en garderais pas un souvenir impérissable.

………………………………………………………………………………………………………………………………………………………….

Supermurgeman, tome 2 : La Menace Communiste


Complétement génial et unique, la seule série qui me vient à l’esprit à titre de comparaison serait sans doute Pascal Brutal pour son côté assumé et jusqu’au boutiste.
C’est absolument n’importe quoi, tout part dans tous les sens mais l’ensemble est pourtant très cohérent et entièrement hilarant. Incroyable. J’espère pouvoir lire les deux autre tomes de la série très bientôt.

WHY? @ l’Aéronef [Lille] – 23.03.2010

WHY?, c’est avant tout une histoire de famille. Famille de sang puisque Yoni Wolf, qui a dans un premier temps conçu WHY? comme un projet lo-fi solo, a invité son grand frère Josiah à intégrer groupe. Famille musicale également, de par son affiliation au fameux label américain Anticon dont il est l’un des artistes majeurs. Bien qu’il ait évolué dans un contexte résolument hip-hop, la musique de Yoni Wolf a progressé vers un drôle de mélange aux frontières des genres, en cohérence avec la démarche expérimentale de ses amis et collaborateurs d’Anticon tels que Doseone, Odd Nosdam ou Sole. Refrains bizarrement pop, arrangements ciselés et humour d’un cynisme à faire frémir un dépressif : le public du Club de l’Aéronef est venu assister ce soir à l’atterrissage d’un bel ovni.

Dans la famille WHY?, je demande le grand frère. C’est Josiah Wolf – il adopte la position de batteur / xylophoniste  dans le groupe – qui entame les hostilités en profitant de la toute récente sortie de son album solo Jet Lag pour nous offrir un aperçu de ses talents de singer-songwriter ; on n’aura malheureusement peu de temps pour ses faire une opinion et entrer dans son univers puisqu’il aura joué en tout et pour tout 3 compositions et 2 reprises et ce en un peu plus de 20 minutes. Je me demande si Josiah a écourté son set en réaction aux applaudissements timides du public lillois ou s’il est techniquement limité par son One Man Show musical (guitare + chant + batterie) … Sans doute un peu des deux. Peut-être pour s’excuser de sa prestation, il nous assure qu’ « il se passe beaucoup plus de choses sur l’album ». Il faudra donc écouter Jet Lag pour se faire une idée plus précise du frangin, soit dit en passant très sympathique !

Après une attente un peu pénible (mais qui a donc décidé de passer cette pop mielleuse à fond les ballons ?), c’est le groupe complet qui fait son entrée sur scène : Josiah à la batterie, Doug McDiarmid et son accent français « twé sexy » aux claviers, Andrew Broder et Mark Erickson alias Fog qui sont respectivement guitariste et bassiste, et enfin le gentil loser au cœur d’artichaut, Yoni Wolf. Les yeux perdus dans le vide, ce dernier est sautillant et visiblement un peu éméché mais ça n’entrave heureusement pas son flow si particulier entre rap, spoken-word et chant. Bien que les morceaux soient relativement semblables à leurs versions d’origine, les musiciens connaissent leurs points forts et savent épicer comme il le faut leur prestation pour la rendre intéressante ; la guitare se veut plus électrique, les phrases fragmentées et appuyées et le groupe enchaine les tubes entre les salves enthousiastes d’un public déjà acquis à sa cause.

La musique de WHY? est encore plus irrésistible quand elle flirte avec ses affinités Steve Reich-iennes. Un MC sur Music For 18 Musicians, vous en rêviez ? WHY? l’a fait. A Sky For Shoeing Horses Under – extrait de l’avant dernier album Alopecia – est une pépite d’à peine deux minutes trente dont le clip est d’ailleurs une petite merveille. Le groupe jouera très peu de morceaux du dernier album (trois au total si ma mémoire est bonne), ce qui n’est finalement pas si surprenant car Eskimo Snow,  sorti à peine un an après Alopecia et peut-être un peu bâcle, contient bien moins de « tubes » que ses prédécesseurs. Pour varier un peu l’affaire, le groupe nous propose sa propre version de l’hymne post-apocalyptique 21st Century Pop Song, composition de l’un des nombreux side-projects de Yoni à savoir Hymie’s Basement (Yoni Wolf + Andrew Broder). Très à propos puisque ce sont bien des chansons pop du 21ème siècle que le WHY? nous à offert ce soir: hétéroclites, inclassables et teintées d’un cynisme assurément moderne.

L’obligatoire rappel de deux morceaux sonne la fin d’un concert qui m’a paru étonnamment court, à peine plus d’une heure de show. On ne peut s’empêcher de rester sur sa faim et regretter l’absence de certains morceaux quant on connaît la belle discographie du groupe, néanmoins ce fût un moment très agréablement passée en compagnie de l’une des meilleures formations actuelles du genre. Et ce n’est pas la longue marche sportive entreprise afin de rentrer chez moi (pour cause de grève!), poster et vinyle sous le bras, qui m’aura fait regretter cette soirée.

Le concert à l’Aéronef marquait le début d’une tournée française pour WHY?, qui passera le 25 mars à Paris, le 27 à Nantes, le 28 à Angoulême, le 29 à Montpellier, ainsi que le 1er avril à Reims en compagnie des canadiens de A Silver Mt. Zion.

Soirée WARP : Autechre & Guest @ Tri Postal [Lille] – 19.03.2010

Forcément une soirée Warp, ca fait du bruit. Pendant mais surtout avant. A un prix aussi dérisoire – une dizaine d’euros ! – , la soirée n’a pas tardé à afficher complet.

J’arrive vers minuit. Encore un peu de queue dehors. A l’intérieur la configuration du lieu est petite, on a connu un Tri Postal beaucoup plus vaste pour le Name Festival par exemple. Il semble y avoir du monde devant la scène pour voir jouer Rob Hall le premier artiste de la soirée. Les premiers rangs sont néanmoins espacés. Il s’agit du DJ attitré des tournées de Autechre. Celui ci nous diffuse une électro sympathique et dansante mais jamais tonitruante.

A 1h précise, Rob Hall coupe son ordinateur. La lumière disparait. Deux silhouettes apparaissent dans la pénombre. Deux pommes de Macbook se dessinent sur la scène. Autechre vient de débarquer. La foule se presse. La fosse déborde. La musique commence.

Du bruit en apparence, rien de structuré. Le noir, toujours. Est ce une intro ? Non, bien sur que non, à quoi vous attendiez vous ? Durant toute la durée de live il sera impossible de remuer son petit booty en rythme. Sons syncopés, rythme informes, enceintes saturés… Et puis, parfois, comme cela, subrepticement, au détour d’une sonorité inattendue surgit un beat plus ou moins clair prompt à retourner un dancefloor. La foule s’excite un peu plus fort à chaque fois qu’elle voit passer un tel soubresaut. Mais très vite la frêle harmonie disparait, engloutie dans un magma sonore dévorant. Quelques personnes quittent le premier rang tandis que le reste s’accroche.

La pénombre est toujours d’actualité et le restera jusqu’à la fin du passage des 2 anglais. Si ce genre d’ambiance colle parfaitement à la musique il est surtout amusant de constater le retournement que cela induit. Désormais chaque lumière provenant du public attire irrémédiablement l’attention et le regard. Un téléphone portable clignotant, un flash photo, la lampe de poche du vigile (un peu trop sur les nerfs d’ailleurs) sont autant d’évènements insignifiants d’habitudes qui prennent ici une dimension centrale.

Enfaite je pense que Autechre à tout simplement trop d’idées. En général les deux musiciens doivent avoir sous la mains environs 4 boucles qui tuent. Mais plutôt que de faire comme tout le monde et de les arranger à la suite pour créer des morceaux sympathiques, ils décident de les passer en même temps. Histoire de. Pour survivre à une telle énergie sonore (l’opposé complet du minimalisme) il faut donc être constamment aux aguets, prêt à saisir et à s’accrocher à tout ce qui peut surgir. Je pense que ce n’est pas tout à fait l’avis de la fille à côté de moi qui essaye désespérément de se rouler un gros joint.

Ce live est à mon sens une sorte de mise en sonorité de la notion de gestation. Travail, durée, sueur pour aboutir à un résultat forcément déstabilisant mais toujours impressionnant. Moi même je décroche sur les dernières minutes, me laissant coincer contre les barrières entre un excité complet – j’étais plus calme au live de Modeselektor au même endroit l’an passé, c’est dire – et un couple de lesbienne qui vient de décider que copuler au milieu d’une foule avec des sonorités abstraites en fond sonore, c’était cool.

Tout d’un coup, environ 1h15 après le début, après de dernières « notes » assourdissantes, la musique se coupe presque net. Tonnerre d’applaudissements. Les deux silhouettes se baissent d’un coup, de petites mains viennent décrocher les deux ordinateurs. Nous ne les reverrons plus.

Le silence n’est pas long puisque débarque l’illustre inconnu Didjit. Je n’ai réussi à trouver aucune information à son sujet sur le web. Le tout commence avec des sonorités dancehall ralenties. Pas terrible après ce que nous venons de vivre… La suite sera de l’électro sympa, « groovy », majoritairement basé sur des samples et des boucles. Pas déplaisant mais sans plus. De toute façon le dancefloor est nettoyé en quelques instants. Les gens étaient donc bien venus pour voir le groupe mythique…

Je m’éloigne quelques instant avant de revenir pour voir le dernier phénomène de la soirée : Russell Haswell. Changement d’ambiance garantie par rapport à Didjit… Je parlais de musique de « gestation » pour Autechre. Ici il s’agit plutôt de musique « du possible ». De tout les possibles. En effet Russell commencera – et terminera – son passage avec des enceintes hurlantes de distorsions larsenniennes pendant de longues minutes. Juste histoire de poser le décor. Entre les deux, absolument tout peut arriver.

Et tout arrivera. Même si le monsieur à une grosse préférence pour la musique bruitiste nous aurons droit à des passages de jungle accéléré (!!!) ou des enchainements tel que : sound logo de THX version saturé puis sample de voix en boucle puis jingle de TV 50s (je suppose) puis lointain gimmick sonore très années 8O, en version déformé bien entendu. Oui lu comme ca on se demande bien à quoi cela doit ressembler. En vrai aussi. On se demande également si le monsieur derrière son ordinateur n’est pas un peu barjo. Surtout quand on sait que les enchainements entre deux titres ne semble pas vraiment une priorité et que Russell Haswell préfère les coupures brutes, les hachures ou les superpositions. Rien de moins. Je n’étais pas vraiment étonné d’apprendre il y a quelques instants à peine que Russell Haswell avait collaboré avec notre japonais n°1 : Masami Akita aka Merzbow.

Un tel live est avant tout à vivre, pour les plus téméraires néanmoins. Il en ressort une espèce de folie condensée, globuleuse et mutante. Le public hésitait entre sauter en rond, hurler, lever les bras, fuir, se boucher les oreilles… Le silence de fin sera à peine troublé par quelques maigres applaudissement et quelques sifflement à peine plus nombreux. Une œuvre radicale donc qui déroute plus qu’elle ne divise. Pour ma part, je suis curieux de découvrir ce que cela peut donner sur CD

Pour les personnes ayant raté leur concert à Lille puis celui de Paris le lendemain, ne pleurez pas ! Vous aurez peut être une chance d’assister à une autre date de la tournée européenne (avec les même guest normalement) qui continue durant mars et avril :avec  notamment le 22 mars à Lyon, le 25 à Milan,  le 1er avril à Berlin, le 8 à Luxembourg, le 9 à Bruxelles  et le 10 à Londres !

Allemagne mère blafarde – Helma Sanders-Brahms

Allemagne mère blafarde est un film sortie en 1980 de la discrète réalisatrice allemande Helma Sanders-Brahms. En effet son dernier film est sorti en 2009 – et c’est fait descendre par la critique française- et son précédent date de… 1997.

La réalisatrice est né en 1940 soit en plein milieu de la WW2, je vous laisse penser au poids que tout un chacun doit ressentir en ayant vu le jour à une telle période. La question de l’héritage culturel et de la reconstruction morale de l’Allemagne sera au cœur d’une branche du cinéma intellectuel allemand des années 80 dont R. W. Fassbinder sera un des plus éminent représentant.

Sanders-Brahms attaque ici le sujet frontalement puisque Allemagne Mère Blafarde se présente comme un film autobiographique. L’histoire est celle de la rencontre de ses parents -tout deux non embrigadés dans le partie Hitlérien-, de sa propre naissance, de l’envoie de son père au front et du traumatisme que la guerre va laisser sur sa cellule familiale. Si les sujets abordés ne paraissent que peu réjouissant, il faut noter que leur traitement n’est pas du tout édulcoré. Réalisme froid et clinique accompagné d’une photo blafarde – pouvant faire une fois encore penser à celle de certaines réalisations de Fassbinder – sont au programme.

Tout droits réservés

Le film tire toute sa force de la singularité de son point de vue : la WW2 à travers les yeux d’une famille allemande non partisane mais directement impliqué de force dans les combats. En racontant sa propre histoire, la réalisatrice fait le choix de ne pas romancer – ou du moins un minimum – son film. Comme me le faisait remarquer un ami il est étonnant d’aborder cette période de l’histoire sans même ne serait ce qu’évoquer la Shoah. L’autre interrogation qui m’est venu durant le visionnage concernait la population elle même : l’Allemagne représenté me paraissait bien vide : ou sont donc les déplacements massifs de population et les rencontre qui en découlent ? Ces choix de non figuration proviennent je suppose de la décision de la réalisatrice de ne rien fabriquer et de tout baser sur ses propres souvenirs ou sur ce que ses parents ont pu lui répéter. Peur de mentir et de trahir la réalité, de falsifier un passé que l’on ne doit pas oublier.

L’attention du film se concentre alors sur la relation de ses parents. L’envoie du père au front pendant la quasi totalité de la guerre transforme peu à peu un amour simple et beau en une somme d’incompréhension mutuelle insurmontable. Les points culminants du film se trouvent d’ailleurs dans ces quelques retrouvailles attendues avec de plus en plus d’appréhension et toujours marqués d’une plus grande imperméabilité relationnelle. C’est quand la guerre prend fin que l’amour c’est définitivement éteint. La mère se retrouve alors subitement frappé d’une paralysie faciale. Voulant garder la face -sans mauvais jeu de mot- le père tentera les moyens les plus extrêmes pour la soigner (horrible scène ou un dentiste arrache l’entièreté de la dentition de la mère) et les plus ridicules pour la cacher (un repas de famille ou la mère se présente le visage à moitié masqué d’une serviette). En vain. Tout un symbole, évidemment…

Tout droits réservés

C’est sans doute cette peinture trop crue qui fut reproché au film lors de sa sortie du film en Allemagne ou il se fit descendre par la critique. Au contraire il fut bien accueillit de par le monde dans les divers festivals auquel il participa. Encore de nos jours le film semble dénoter par rapport aux productions allemandes récentes se rapprochant de ce sujet (La Chute, La Vie des Autres, Good Bye Lenin ect). Et c’est bien entendu cet aspect unique qui fait tout l’intérêt de la (re)découverte de Allemagne Mère Blafarde.

A noter que après être ressortie en salle durant le courant de l’année 2009, le film Allemagne Mère Blafarde va enfin sortir en DVD grâce à l’éditeur Carlotta le 25 mars 2010.

NOMO @ l’Aéronef [Lille] – 10.03.2010

La température est montée d’un cran à l’Aéronef jeudi soir pour ce nouveau concert lillois du groupe d’Afrobeat américain Nomo, qui de surcroit a été gracieusement offert par la salle à ses abonnés (Un conseil, abonnez-vous !). L’étroite jauge qu’est le Club se remplit tranquillement, et après une petite heure d’attente les oreilles baignées par un chouette mix de musiques africaines (Mulatu Astatqé, Staff Benda Bilili…) qui commence à faire bouger les hanches, les membres de Nomo font leur entrée à vingt et une heures tapantes devant un public aussi hétéroclite qu’enthousiaste.

C’est dans une configuration réduite que le groupe se produit à Lille: un bassiste, un trompettiste, un batteur, un saxophoniste, un multi instrumentaliste (batterie, guitare, kalimba électrique) et le frontman Eliott Bergman, également polyvalent (cuivres, claviers, cloches). En effet, la formation initiale se compose de neuf personnes, mais point de regret puisqu’elles auraient difficilement pu tenir sur la petite scène du Club. D’emblée les cuivres et les percussions – deux batteries ! – donnent le ton du concert : ça sera rythmé ou ça ne sera pas. Néanmoins, il faudra quelques morceaux pour que le groupe se mette réellement à l’aise et ne dévoile ses meilleures cartes.

Le groupe entame le titre phare Ghost Rock, tiré de l’album du même nom sorti en 2008, avec un challenge : Bergman nous explique que la kalimba (photographiée ici) dont il se sert habituellement pour le morceau à été cassé par un enfant surement un peu trop inspiré lors du goûter concert organisé dans l’après-midi. Peu importe, leur prestation est électrique et l’on ne boude pas notre plaisir.

La musique de Nomo pourrait se trouver quelque part entre un club jazz de Chicago, leur ville d’origine, et une boîte de nuit de Lagos dans les années 70, c’est à dire à mi-chemin entre un afro jazz sophistiqué et un funk électrisant. Même si l’on est loin de la folie furieuse du Shrine de Fela Kuti, on doit effectivement reconnaître au groupe le talent de mélanger et moderniser des influences qui sont géographiquement éloignées mais fondamentalement proches, comme le Krautrock, l’Afrobeat ou le Jazz cosmique de Sun Ra, cela sans tomber dans le piège de la caricature. Sun Ra à qui ils rendront d’ailleurs hommage à la fin de leur set (« It’s our last song. ») avec une version dense et psychédélique de Rocket Number Nine Take Off For The Planet Venus.

A la suite d’un premier rappel, les musiciens de Nomo lâchent les micros et les amplis pour venir interpréter au milieu du parterre – unplugged – leur ultime numéro, qui s’achèvera porté par les chœurs et les applaudissements d’un public conquis. C’est ce qui s’appelle finir en beauté.