Dimanche dernier tombait le palmarès du 63ème festival de Cannes : palme d’or pour Uncle Boonmee du gigantesque réalisateur thaïlandais Apichatpong Weerasethakul, prix de la mise en scène pour Mathieu Amalric, Grand Prix du Jury pour Xavier Beauvois, Prix du Jury pour le film Un Homme qui crie…
Que de beaux prix ! Quelle joie lors de l’annonce du nom des récompensés. Je reconnais avoir douté de Tim Burton mais le palmarès s’est avéré être d’une classe et d’une audace folle.
Durant les 10 jours du festival j’ai pris le temps d’écrire sur 3 films mais il m’a été donné l’occasion d’en voir bien plus. Je me servirai de mes prochains articles pour écrire quelques mots à leur sujet.
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Titre : Little Baby Jesus of Flandr
Réalisateur : Gust Van den Berghe
Pays : Belgique
Sélection : Quinzaine des Réalisateurs
Film poseur, Little Baby Jesus of Flandr est un long-métrage belge inspiré d’un conte flamand. Dans celui-ci trois mendiants décident de s’enrichir en chantant des Épiphanies le soir de Noël. Sur le chemin du retour ils assistent à la naissance de Jésus.
Si le pitch ne semble pas très racoleur, la suite de la description devrait finir d’attirer tout cinéphile en manque de sensations fortes : noir & blanc, acteurs exclusivement atteint de Trisomie 21, costumes en carton, , ambiance forestière, dialogues minimes et abscons. Que demander de plus ? Ah, si peut être le point culminant : au milieu de ce marasme apparait une courte scène en couleur où un travesti (apparemment non touché par le syndrome de Down) chante dans une boite de nuit. Oui, oui. Voulant impressionner par son épure et sa pose arty, le film finit en vérité par lasser et énerver en plongeant dans un mysticisme en mousse. No credibility.
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Titre : Somos Lo Que Hay (We Are What We Are)
Réalisateur : Jorge Michel Grau
Pays : Mexique
Sélection : Quinzaine des Réalisateurs
Pétard mouillé de la Quinzaine, Somos Lo Que Hay tentait d’attirer le chaland en se présentant comme un film de cannibales. De cannibales, il est à peine question et le scénario aussi court que plat s’essouffle en moins de temps qu’il en faut pour le dire. Tentant de mélanger horreur sociale, rites occultes et découvertes de l’homosexualité, le film vise bien plus haut qu’il n’aurait du. Accumulant facilités, lourdeurs et caricatures, l’ensemble a finit par faire rire tout la salle. Mais était ce vraiment le but recherché ?
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Titre : Ano Bisiesto (Année Bissextile)
Réalisateur : Michael Rowe
Pays : Mexique
Sélection : Quinzaine des Réalisateurs
Distinction : Caméra d’Or
Laura, une jeune femme de 25 ans, vit seule dans son appartement. Mentant à ses proches sur sa situation, épiant et enviant ses voisins, Laura s’ennuie. Elle s’emmerde même. Pour passer le temps Laura aime ramener dans son lit des mecs qu’elle rencontre en soirée. Chaque jour passé est marqué d’une grosse croix noire sur son calendrier.
L’intrigante lassitude du début se transforme progressivement en une violente passion qui ne manquera pas de choquer. Si l’ensemble fonctionne, on ressent bien trop les références (Le Septième Continent, Jeanne Dielman) pour que le film décolle véritablement. Il en ressort un joli exercice de style qui tourne un peu à vide. Celui-ci a au moins la bienséance d’éviter le final grand guignolesque que l’on aurait pu redouter. C’est toujours ça de pris.
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Titre : Copie Conforme
Réalisateur : Abbas Kiarostami
Pays : Iran
Sélection : Compétition officielle
Distinction : Prix d’interprétation féminine pour Juliette Binoche.
Avec Copie Conforme, Abbas Kiarostami marque son retour vers un cinéma plus traditionnel. Après une quasi décennie d’expérimentation (de Ten en 2002, à Shirin en 2010, en passant par le superbe Five en 2004), il revient à une forme classique dans laquelle Juliette Binoche partage l’affiche avec l’acteur anglais William Shimell et incarnent un couple en crise.
Une star, un tournage en Italie… autant d’éléments surprenant pour le réalisateur iranien le plus reconnu. Heureusement Kiarostami ne prend pas la grosse tête et livre un film passionnant. Loin d’un film sur la relation amoureuse, Abbas Kiarostami propose une réflexion captivante sur l’original, la copie, le vrai, le faux, la mémoire et même sur l’art dans sa globalité. Soutenu par une mise en scène très travaillée (trop pour certains) renvoyant parfaitement au propos théorique du film, Copie Conforme finit par donner le vertige. Chapeau.