Continuation de mes critiques expresses des films vu durant le festival de Cannes 2010. Au programme 4 films, 3 nationalités, 3 fictions, 1 docu, 1 chef d’oeuvre, 1 épatant, 1 perle, 1 insignifiant…
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Titre : Le Quattro Volte
Réalisateur : Michelangelo Frammartino
Pays : Italie
Sélection : Quinzaine des Réalisateurs
Distinction : Label Europa Cinemas
J’aurais voulu écrire tellement plus sur Le Quattro Volte mais je n’y arrive pas. Il s’agit pourtant du plus beau film vu à Cannes cette année. Peut être même depuis le début de 2010. Ou peut être plus encore.
Quasiment muet, d’une lenteur envoutante et majestueuse, Le Quattro Volte s’intéresse à la vie d’un petit village perdu dans les hauteurs d’une montagne italienne. Il n’y a quasiment rien à raconter sans en dire trop. La vie d’un berger, un chien facétieux, un arbre centenaire, une fête de village… Autant d’élèments centraux que Michelangelo Frammartino filme sur le même pied d’égalité, le plus humblement du monde. Loin de toute pose contemplative creuse le film sonne toujours juste et alterne entre humour et délicatesse.
Graçieux, d’une pureté fabuleuse, Le Quattro Volte est un film extraordinaire sur la nature et la fragilité du monde. Sublime à en pleurer.
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Titre : Boxing Gym
Réalisateur : Frederick Wiseman
Pays : États-Unis
Sélection : Séance spéciale à la Quinzaine des Réalisateurs
Après s’être intéressé à l’Opéra de Paris, l’incontournable documentariste indépendant américain Frederick Wiseman s’est plongé dans la vie d’un club de boxe amateur situé à Austin au Texas. Présenté en séance spécial à la Quinzaine des Réalisateur, la séance à fait salle comble.
De Wiseman je n’ai eu que la chance de voir son dernier film « La Danse, le ballet de l’Opéra de Paris » . Boxing Gym présente beaucoup de point commun avec celui-ci. Dans les deux films le corps, la gestuelle et la puissance du physique sont des éléments essentiels . Si la musique des ballets était centrale dans « L’Opéra », la bande son joue également ici un rôle crucial. Le rythme des coups et de la répétition des mouvements crée un univers sonore envoutant proche de la musique concrète.
Globalement, l’absence de point de vue désarçonne. Mais Wiseman construit petit à petit le portrait de ce club de boxe, véritable melting-pot ou se mélange tout les genres et toutes les classes. L’ensemble finit par impressionner et le travail de montage (que l’on suppose gigantesque comme toujours chez Wiseman) finit pas paraitre plus poétique que didactique.
Bonus : aucun des film de Frederick Wiseman n’existe à l’heure actuelle en DVD. Il a cependant déclaré en conférence de presse être en pourparler avec un éditeur ! Excellente nouvelle.
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Titre : Two Gates of Sleep
Réalisateur : Alistair Banks Griffin
Pays : États-Unis
Sélection : Quinzaine des Réalisateurs
En parfaite harmonie avec la nature, deux frères et leur mère vivent retirés de la civilisation. Quand la matrone vient à disparaître, les deux frères décident de réaliser sa dernière volonté : qu’ils rendent son corps à la nature tout au bout d’une longue rivière.
Les dialogues sont réduits au minimum afin de laisser un maximum de place au corps et à la nature qui deviennent deux entités interdépendantes. Si la comparaison à Gerry de Gus Van Sant est irrémédiable, Two Gates of Sleep parvient à s’en détacher en proposant une belle métaphore sur le deuil et la perte d’un être cher. L’avant-dernière scène, mélangeant lumière céleste et noirceur de la terre est d’une beauté cosmique. Avec Two Gates of Sleep nous avons à faire à une très belle découverte et à un jeune réalisateur à suivre. En espérant que son premier film ait la chance de trouver un distributeur et de bénéficier d’une sortie en salle.
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Titre : Bi, Dung So ! (Bi, don’t be afraid !)
Réalisateur : Phan Dang Di
Pays : Vietnam
Sélection : Semaine de la Critique
Distinction : Prix SACD & Soutien ACID/CCAS
Film typiquement asiatique, Bi, Dung So ! (signifiant Bi, n’ai pas peur !) porte sur la vie d’un jeune enfant de 6 ans perturbé par les mauvaises relations entre ses deux parents et le retour, après des années d’absences, de son grand père sur le point de mourir.
La mollesse du tout, l’absence d’envergure et le manque de consistance ne tarde pas à perdre le spectateur qui n’aura guère envie de chercher les significations cachées sous tout les symboles parsemant le film. A oublier.




